Indigène de la nation de Slimane Dazi #Lecture

Yo,
J’ai envie de partager avec toi mes diverses lectures, sans trop savoir comment m’y prendre et sans l’envie de calquer la ligne éditoriale d’une autre, je me lance un peu comme ça, à l’arrache…

Plutôt que de donner mon avis en disant « j’aime » ou « je n’aime pas », « je pense que » …
Je fais le choix de citer les passages qui m’ont marquée et touchée, comme ca, tu te feras ta propre opinion.

J’ai choisi ce livre, car le personnage me parle, j’apprécie Slimane Dazi pour son jeu d’acteur. Il a joué le rôle de Lattrache dans Un prophète et j’ai vu son dernier film Les derniers parisiens dans l’avion en rentrant de Thaïlande. J’ai adoré !

Je ne connaissais rien de lui avant de lire son autobiographie, donc merci à toi Nass de m’avoir conseillé cette lecture.
Je l’ai lu en quelques jours, dans les transports, en me rendant au boulot ; il m’a complétement envoûté et il est très bien écrit.

Cette autobiographie est celle d’une lutte pour la liberté. Celle d’un Français d’origine algérienne, né en France avant l’indépendance de l’Algérie.
Il nous emmène avec lui et nous raconte sa jeunesse, au travers de ses deux pays. Il nous parle de sa carrière professionnel, de son identité et de ses déboires administratifs.

Je me suis reconnu dans plusieurs passages, bien que ma situation soit différente ; je l’ai compris et j’ai vécu certaines des situations qu’il expose. C’est très fort ! Son récit se raconte dans la tristesse, la colère et l’espoir.
Indigène de la nation évoque un épisode politique sensible et encore bien présent ; c’est l’histoire de tant de personne expliqué en 293 pages.

Extrait

« Quand j’allais jouer avec les enfants du village, je m’habillais comme eux, chichement, alors que nous avions des habits, j’essayais de courir pieds nus pour leur ressembler. »

« Je ne voulais pas être un migri, un immigré. Je ne voulais pas être vu comme un privilégié, ou pris pour un touriste. Je voulais être un algérien comme eux, crade et beau comme eux. J’appris à parler leur langue, celle de leur pays et celle de la rue. »

« Sa colère digne, qui me fait noircir la feuille blanche d’un carnet, rejoint la mienne, celle de l’indigène que je suis. »

« Mon histoire, c’est que je suis né en France en 1960, à l’époque où l’Algérie était encore française, Et qu’aujourd’hui encore je dois faire une demande de réintégration dans la nationalité française parce que mes parents, en 1962, quand il y a eu les accord d’Evian, ont choisi la nationalité algérienne, et qu’à cette époque je n’avais pas encore la capacité de choisir par moi-même. J’avais deux ans. »

« Et franchement, la double peine, c’est ce dossier, et les examens pour prouver que tu parles français. C’est une double peine pour t’humilier. Avant de n’être pas même français, n’oublie pas que tu es un sous-homme. C’est ce que je ressens. »

« J’en devins presque associal, enfermé dans mon désir de jouer, tenu par ma détermination plus que par mon ambition. Je ne savais pas à quoi je rêvais. A l’époque, le football était une passion, non une promesse de réussite. »

« On ne nous connaissait pas, on ne nous reconnaissait pas et nous avions nous-mêmes du mal a nous connaitre. »

« Huit fois sur dix, quand je portais beau, dans les années 1980, ce n’était pas pour faire la noce, non ! C’était le plus souvent pour accompagner un frère du béton dans sa dernière demeure. »

« Ma liberté, Youssef, ma totale liberté. Rien d’autre. Ma carte militaire d’exempté ou de réformé. »

« Nous étions accrocs à la tension, aux accélérations de la passion, nous n’avions aucun gout pour la routine. Ce doit être pour cela qu’on s’embrouillait tout le temps. Nous ne savions pas faire autrement, nous nous aimions pour la vie mais nous vivions au jour le jour. »

« J’ai eu peur que mon père me croie plus faible que je ne le suis. Je ne me suis pas vu lui demander un extrait de naissance pour obtenir le droit d’être français, mais, en même temps, c’est bien ce que je suis.

Français. »

« Un jour, il me dit : « C’est toi, mon fil conducteur, le fil rouge de mon histoire. C ‘est toi le personnage principal du film que je veux tourner, c’est toi le grand frère. »

« J’ai l’impression d’être enfermé par la gueule que j’ai. Je me considère, moi, comme un homme aux multiples facettes. Les autres, je ne sais pas ce qu’ils voient en moi. J’ai l’impression qu’on me raconte toujours la même histoire. »

« Il alla plus loin, il fit tomber les murs. Il montra que le cinéma français pouvait faire aussi bien que les films français pouvait faire aussi que les films mythiques de gangsters américains. »

« Puis le prix d’interprétation au festival Vues d’Afrique de Montréal. Je ne pus m’y rendre à cause de mon passeport algérien. C’est ainsi que commença ma carrière internationale. Je ne vis ni la couleur du prix ni celle de la dotation, 1 000 dollars canadiens. »

« L’examinatrice trépigne, « On ne regarde pas la feuille de son voisin. » Le magnétophone continue à débiter son questionnaire.  » Quelles sont les couleurs du drapeau français ?  » « Qui est Brigitte Bardot ? » Combien y’a t’il de lettres dans l’alphabet français ? » Allez, va, plus que cinquante-cinq minutes. »

« Il était l’un des derniers piliers d’une villes qui se vide de son vrai peuple, un résistant, un survivant qui avait réussi à passer entre les mailles du filet. Il était l’un des derniers Parisiens. »

Indigène de la nation de Slimane Dazi, 256 p, 18 € (Don Quichotte)

3 commentaires sur “Indigène de la nation de Slimane Dazi #Lecture

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