Utopies réalistes

J’ai d’abord été attiré par la couverture que j’ai trouvé graphique et une fois en main, j’ai été interpellé par les thématiques évoquées. Par réflexe, je regarde la biographie de l’auteur, il s’agit de Rutger Bregman, écrivain et historien néerlandais de 31 ans. Il a contribué à populariser la notion de revenu universel aux Pays-Bas, ce qui lui vaut là-bas le surnom de « Monsieur revenu universel ». Il ne m’en faut pas plus pour entamer la lecture.

J’ai dévoré ce livre, espérant y trouver une piste de nouvelle société et j’ai été convaincu, l’auteur évoque l’ouverture des frontières, le revenu universel de base et met en avant les avantages d’une semaine de travail de quinze heures.

À la fois pédagogique et stimulante, cette lecture permet de prendre du recul sur l’économie.
Moi-même, partisane du revenu universel, j’ai apprécié la façon dont cette thématique a été abordée, au travers notamment d’expérience faites sur des populations pauvres. Les chiffres et les résultats des tests sont sans équivoque, le concept de revenu de base fonctionne et permet la lutte contre la pauvreté.

J’ai adoré et adopté le concept de la semaine de travail de quinze heures, l’auteur montre par le biais d’analyse et de retour d’expérience que la productivité reste identique et peut même s’améliorer. L’avantage de travailler moins d’heure, mais dans de meilleures conditions permet de libérer du temps et ce temps, serait utilisé notamment en loisirs.
Je pense qu’il est temps de redéfinir notre conception du « travail », et se concentrer sur ce qui nous tient à cœur et nous passionne.

Le dernier thème, un monde sans frontière nous fait réfléchir sur nos fausses croyances. Quand certains pensent l’immigration problématique, d’autre comme l’auteur en énumère les biens faits. J’aime penser que je suis « un enfant du monde » et que l’homme a créer des frontières limitantes.

Extrait

« Londres, mai 2009, une expérience est en cours. Ses sujets : treize hommes sans abris. Entre les dépenses de police, les frais de justice et les services sociaux, ces treize semeurs de troubles coûtent en moyenne 4 000 livres anglaises au moins par ans)… C’est pourquoi Broadway, une organisation d’aide basée à Londres, a pris pour décision radicale : désormais ces treizes personnes à la dérive auront un traitement VIP. Désormais ces dormeurs à la dure recevront de l’argent sans contrepartie. Plus précisément, ils recevront 3 000 livres à dépenser à leur guise, sans avoir rien à faire en échange… Même The Economist à dû constater que la manière la plus efficace de dépenser de l’argent pour les sans abris est peut-être de leur en donner. »

« Des études du monde entier le prouve : l’argent gratuit, ça marche. La recherche a déjà permis d’établir des corrélations entre l’argent versé sans condition et la réduction du taux de criminalité, de la mortalité infantile, de la malnutrition ,des grossesses adolescentes et de l’absentéisme scolaire, mais aussi de l’amélioration des résultats scolaires,de la croissance économique et de l’égalité des genre. »

« L’un des bons cotés du revenu de base, c ‘est qu’il libérerait les pauvres du piège des aides sociales et les inciterait à chercher un emploi payé comportant de vraies opportunités de croissance et d’avancement. Etant donné que le revenu minimum est inconditionnel et ne peut être retiré ni réduit en cas d’emploi rémunéré,leur condition ne peut que s’améliorer. »

« Il suffit de voir les statistiques : les pauvres empruntent plus, économisent moins, fument plus, font moins de sport, boivent d’avantage et mangent moins sainement. Proposez leur des cours pour gérer leur argent, il seront les derniers à s’inscrire. Quand ils répondent à des offres d’emploi, ils écrivent souvent les pires lettres de motivation et vont aux entretiens habillés de la manière la moins professionnelle qui soit. »

« Keynes n’était ni le premier ni le dernier à prédire un avenir baigné de loisirs. Un siècle et demi plus tôt, l’un des Pères fondateurs des Etats-Unis; Benjamin Franklin, avait prophétisé que quatre heures de travail par jour finiraient par suffire. Mieux encore, la vie ne serait plus que « loisirs et plaisirs ». Karl Marx, lui aussi se réjouissait à l’idée du jour où chacun aurait le temps de « chasser le matin, pêcher l’après-midi, s’occuper d’élevage le soir et s’adonner à la crique après le repas… sans jamais devenir chasseur, pêcheur, berger ni critique ». A peu près à la même époque, le philosophe britannique John Stuart Mill, père du libéralisme classique affirmait que le meilleur usage à faire de plus de richesses serait plus de loisirs. »

« Le 1er décembre 1930, alors que la Grande Dépression fait rage, le magnat des cornflakes, W.G Kellogg, décida d’introduire la journée de six heures dans son usine de Battle Creek, Michigan. Ce fut un franc succès : Kellogg put engagé 300 nouveaux employés et réduisit le nombre d’accident de 41 %. De plus, ses employés devinrent considérablement plus productifs. « Pour nous, ce n’est pas seulement un théorie » expliqua fièrement Kellogg à un journal locale. « Le coût de l’unité de production est tellement réduit que nous pouvons nous permettre de payer autant pour six heures qu’auparavant pour huit. » Pour Kellog comme pour Ford, la semaine écourtée était simplement une bonne affaire. Pour la première fois rapportait un quotidien local ils avaient « de véritables loisirs ». Les parents avaient du temps à consacrer à leur enfant. Ils pouvaient lire, jardiner, faire du sport. Soudain, les églises et les centres de vie culturelle et sociale débordaient de gens disponibles pour les activités de la vie citoyenne. »

« Dans les années 1980, les employés Apple portaient fièrement des t-shirts disant : « Je travaille 90 heures par semaine et j’adore ça !  » Plus tard, des experts en productivité calculèrent que s’ils avaient travaillé moitié moins d’heures, le monde entier aurait pu bénéficier un an plus tôt de l’ordinateur révolutionnaire Macintosh. »

« Tant que nous continuerons à être obsédés par le travail le travail et encore le travail (alors même que les activités utiles sont de plus en plus automatisées ou délocalisées), le nombre de jobs superflus ne fera que grandir. Un peu comme le nombre de cadres qui, dans le monde développé, s’est accru ces trente dernières années sans nous enrichir d’un cent. »

« À cause des frontières, des milliards de gens sont obligés de vendre leur travail pour une fraction du prix qu’ils en obtiendraient en pays d’abondance. Les frontières sont la plus grande cause de discrimination de toute l’histoire du monde. »

«  »Ils ne repartirons jamais. » Cela nous conduit à un fascinant paradoxe : l’ouverture des frontières joue en faveur du retour des immigrés chez eux. Prenez la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. Dans les années 1960, soixante-dix millions de Mexicains l’ont traversée, mais 85 % d’entre eux finissaient par rentrer chez eux. »

Utopies réalistes, de Rutger Bregman. 20 € – Seuil

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